Nous sommes le lundi 28 septembre, il est 5h45. En tout cas c’est ce que je découvre en tapotant sur mon iPhone. Putain de merde, j’ai programmé mon réveil pour 6h. Je ne pourrai jamais me rendormir. Et pourtant, j’en aurais bien besoin. À 2h je ne dormais toujours pas. Ça fait une nuit très courte. Bon de toute façon j’ai pas trop le choix. Je vais pisser parce que c’est ma vessie qui m’a trahi.
Posé sur mon lit, je pense à la bouteille d’eau que je ne dois pas oublier de prendre. Les voyages moi ça me dessèche. Car, je ne vous l’ai pas encore dit mais je voyage aujourd’hui. Je pars à la découverte de la capitale des Gaules. Et dans cette nouvelle aventure je ne serai pas seul. Laissez-moi vous présenter mes complices : C. dite la moule, dite pour l’occasion la folle du cul soit FdC, I. dite madame Mim et Y. dit Sa Majesté et donc SM.
À 6h je descends. Je dors à nouveau à l’étage. La rénovation de ma chambre est quasiment terminée. Il ne manque plus que le passage du magnifique électricien pour résoudre un problème au niveau des lumières de tête de lit. Je dis magnifique, il est vraiment superbe avec ses beaux cheveux longs. Et bien figurez-vous que cet individu souhaite détruire sa crinière de rêve. Je sais bien qu’on est dans un pays libre et que les gens font bien comme ils veulent. Mais là, c’est du grand n’importe quoi et j’espère un soulèvement citoyen. La population s’est mobilisée pour les colonnes de Buren, J’espère une levée de boucliers toute aussi impressionnante pour ce saccage annoncé.
Une fois dans ma cuisine, je vais pour me servir un café. Horreur, malheur, il n’en reste plus qu’un. J’ai dormi à peine 4 heures et je n’ai qu’un petit expresso. La journée va être dure. D’autant que nous prenons un OUIGO à Tourcoing et donc pas de possibilité de prendre un café SNCF. Je termine de me préparer.
La première étape de mon périple c’est de choper le train de Béthune qui s’arrête à Loos mais aussi au CHR. Il est à l’heure, tout va bien. Je monte mais je reste au niveau des portes, je descends à l’arrêt suivant. A ma suite grimpe un mec, comment dire ça, improbable. Il a une tronche d’ahuri, un look, disons original. Je le regarde chercher une place dans le wagon. Il penche la tête de droite à gauche, on dirait une poule. Je suis ravi de lui fausser compagnie dans 2 minutes.
Les poules ça a jamais été mon truc. Elles sont tellement connes ça m’angoisse. Je me rappelle d’un week-end que j’avais passé chez la soeur du roi du monde à l’envers. Elle et son superbe mec étaient en train de rénover leur maison. Ça se dit du peuple mais à la moindre occasion ça s’achète un canapé de créateur et un lave vaisselle. La mission du moment c’était d’isoler un mur. Dans mon ancien métier de cordiste j’avais eu ma dose de laine de verre. J’ai donc passé mon tour. Pour ne pas rester les bras croisés, j’ai demandé une quête secondaire. On m’explique que le top serait que je concasse des coquilles d’huîtres. Après ils en filent aux poules pour qu’elles aient un apport en calcium. Pas de problème. On me confie une massette, la caisse qui contient les coquilles. – Où je m’installe ? « Le mieux c’est de faire ça sur la dalle au milieu du poulailler. » – Hein ?! « Ouais comme ça elles chopent les miettes. » Je me suis donc retrouvé assis par terre, au même niveau qu’une dizaine de volatils demeurés. Alors, moi je suis pas rassuré. Mais elles, elles ont rien à battre de ma crainte. A peine j’avais commencé qu’elles venaient bouffer tout ce que je faisais. Je pense qu’après ça elles ont dû pondre des oeufs en béton.

Je descends donc du train à la gare CHR, je remonte pour choper la ligne 1 du métro. Je m’installe pas, car comme pour le train je descends à l’arrêt d’après. Je remonte pour changer de ligne et attendre SM. Au final je l’attends pas du tout il est déjà là. Faut dire que monsieur est très stressé. Sa passion dans la vie ? Arriver douze heures en avance pour les départs. J’ai dû lui redire quinze fois que si on se donnait rendez-vous une heure avant le départ à porte des postes on était largement bon. J’ai réussi à le convaincre. On monte dans la rame et c’est parti pour 26 stations. Comme souvent dans le métro le matin, c’est un festival d’odeurs très très présentes. Mais bon je subis sans bruit. Discret, je suis comme ça moi, je suis facile à vivre. Notre voyage se poursuit. A la station Wasquehal Hôtel de Ville, le métro met du temps à repartir. On se regarde sans rien dire. Mais le jingle tant redouté retenti. Le métro est en panne. Ils annoncent une reprise dans 10 minutes. Mais on les connaît. On décide de sortir et de prendre un Uber. Selon l’application nous pourrions être à la gare 10 minutes avant le départ. Large. Une fois la course commandée je m’aperçois que le lieu de prise en charge n’est pas le bon. J’essaye de le modifier mais pas possible. Je suis obligé d’appeler le chauffeur pour lui dire de venir nous chercher au métro. Mais il est encore loin. Sa Majesté calcule qu’au final, on n’arrivera pas à temps. On redescend prendre le métro. Au passage je préviens les filles qu’on opte pour le métro. Quelques stations plus loin elles montent dans la rame. Nous voilà réunis. Je parviens à annuler la course Uber.
Je vérifie on devrait arriver deux minutes avant le départ. On est large. On descend de la rame. Arrivés à la surface on fonce vers la gare. SM court, on essaye de le suivre. Ma foulée aura duré 200m. Ça va le faire. On passe le contrôle et nous accédons au quai. La chance nous sourit notre voiture est la plus proche. Nous nous installons à notre carré. On a réussi. Il reste encore deux minutes avant le départ. On aurait pu boire un café. Moi ça me fait marrer, mais je sais que je vais me faire engueuler.
On s’installe correctement on en a pour 3 heures et 20 minutes de voyage. Je sors mon Rummikub de voyage. C’est un jeu que j’avais acheté quand nous avions patienté trois heures à l’aéroport de Lisbonne. J’explique les règles à la FdC, les deux autre ayant déjà joué à ce jeu. J’insiste particulièrement sur le fait que lorsqu’on combine les jetons sous forme d’une suite il faut que les jetons soient de la même couleur. Je le dis trois fois pour être sûr. Je commence en premier parce que je suis joli. A ma gauche, Mme Mim se lance, après que j’ai pioché. Et je vous le donne en mille, elle pose un 9 jaune, un 10 noir et un 11 bleu. Levage d’yeux au ciel. Je dois réexpliquer les règles pour la nonagénaire.

Quelques parties plus tard nous arrivons à notre premier arrêt : Aéroport CDG terminal 2. Normalement on ne doit rester à quai que 5 minutes avant de repartir. Vous vous doutez bien que si je vous fais cette précision, c’est que ça ne s’est pas déroulé comme prévu. Au bout de dix minutes, le chef de bord nous annonce qu’il existe un problème de porte. Quelques minutes se passent. « Nous ne pourrons partir qu’une fois le problème résolu. » No way. Au final nous avons quitté la gare avec plus de 30 minutes de retard. La classe. Est ce que Robert a appuyé sur le champignon pour rattraper ce retard ? Bien sûr que pas du tout.
Nous somme donc arrivés à Lyon à 11h38. Le programme du séjour c’est moi. Est-ce qu’ils avaient le choix ? Pas vraiment. Est qu’ils ont eu leur mot à dire ? Oui. Ils ont une proposition de programme. Est ce qu’ils ont fait des propositions, remarques ? Pas du tout. Donc on a fait ce que j’avais prévu. On dépose nos affaires à la consigne et on part direction les halles gourmandes Paul Bocuse. Parce que quand même Lyon est réputée pour être la capitale de la gastronomie. Moi j’avais super hâte. On arrive… c’était nul à chier. Les 3/4 des boutiques étaient fermées. Alors que j’avais vérifié sur internet. Un lundi je m’étais méfié. J’avais vérifié que les halles étaient ouvertes le lundi toute la journée. En plus, c’était même pas joli. Grosse grosse déception. Il est passé midi, on décide quand même de se poser pour manger. On prend des spécialités locales, sauf la FdC qui opte pour un risotto. Un risotto à Lyon…. Moi je choisis un tablier de sapeur. C’était ma première fois. C’est très bon. Mais dans l’ensemble c’est quand même pas le restaurant du siècle. On ne prend pas de dessert. Pendant que Mme Mim paye, je vais acheter du citron noir dans une épicerie.

La suite du programme c’est le parc de la Tête d’Or et la Croix Rousse. On marche une vingtaine de minutes. C’est plutôt joli. On arrive à proximité de l’entrée du parc et là je vois plein d’échafaudages. Je me dis purée c’est pas vrai que les serres sont en travaux. Bah ça n’a pas loupé. Je voulais venir dans ce parc uniquement pour voir les serres. Ça me saoule. Parce que j’ai bien tout préparer. Pour chaque visite j’ai consulté plusieurs sites. Nul part il n’était mentionné qu’il y avait des travaux. Heureusement on a pu visiter quelques serres. Après notre petite exploration, j’avais prévu d’enchainer sur la visite du quartier de la Croix Rousse. Mais SM veut voir le zoo. Pas de problème, je suis quelqu’un de souple, facile à vivre et toujours souriant.

Nous avons vu d’anciennes cages, l’enclos des girafes. Au passage on a découvert que les girafes chient des petites crottes, on dirait des crottes de lapin. Nous continuons notre visite en passant devant le lac puis nous entrons dans le zoo. C’est pas trop mon truc ce genre d’endroit. Mais encore une fois je suis quelqu’un qui s’adapte. Ce parcours dure au moins quarante minutes. Il est bientôt temps de récupérer les clefs de l’appart. Pour plus d’efficacité et de rapidité je propose de scinder le groupe en deux. Le premier va directement à l’appart pour récupérer les clefs. Le second retourne prendre les sacs à la consigne et rejoint le premier. Quand nous nous sommes rabattus sur Lyon pour nos vacances, j’ai payé l’appart, SM a payé les billets aller et la FdC a payé les billets retour. Mme Mim s’est tourné les pouces. C’est pourquoi quand j’ai appris qu’il fallait laisser une caution je me suis tourné vers elle. Vendredi dernier je lui ai donc confié cette importante mission : prendre un chèque avec elle. C’était sa seule mission. Ça n’a pas loupé, elle a oublié. Nous avions réparti les gens doués avec l’orientation et les réseaux de transports en commun. Nous sommes obligés de modifier ces équipes. C’est la FdC qui va payer la caution et qui part avec moi. Je ne suis pas serein à l’idée de laisser les deux énergumènes se débrouiller. Mais nous n’avons pas le choix.

Après un dernier détour par la serre des plantes carnivores où SM a essayé de pousser la FdC dans les fleurs pour qu’elle se fasse dévorer. Mais l’opération a échoué. Je me dirige donc vers la sortie en compagnie de la FdC. On marche un peu pour rejoindre une station de métro. On prend facilement nos titres de transport et on arrive sans difficulté à se repérer. La rame arrive. Elle paraît récente. L’intérieur est spacieux. Les voitures doivent être deux fois plus larges qu’à Lille. En une quinzaine de minutes on arrive à Jean Jaurès la station la plus proche du logement. On traverse un quartier en pleine métamorphose. 1, 2, 3, GENTRIFICATIONNNNNNNNN. On trouve l’adresse et on attend Jocelyne devant la porte de l’immeuble. Pendant cet interlude je remarque au loin sur sa butte la basilique Notre Dame de la Fourvière. Je suis ravi de constater que ces deux tours sont entourées d’échafaudages. Est ce que c’était indiqué sur le site ? Toujours pas. Je suis ravi.
Finalement les deux bras cassés nous rejoignent sans trop de difficulté. Une fois les clefs récupérées, les filles partent à la douche et nous on va chercher de quoi faire un apéro. Au programme : jaja et saucisson brioché. Sauf pour SM qui veut des chips et de la bière. Tandis que nous dégustons les spécialités du coin, SM passe en mode chasseur. Car chacun sa mission. Moi c’est l’orga, SM les restaurants et les gonzesses prendre 5 minutes de plus que tout le monde pour faire des photos. Il finit par nous dégoter un petit bijou. Le serveur est somptueux, gentil et compétent. On a été servis rapidement. C’était super bon et original. Et en plus c’était pas cher. En regagnant l’appart on croise une famille de rats gros comme des castors en train de festoyer dans une poubelle. Ça m’a rappelé quand j’ai failli me faire renverser par un rat gros comme une biche à Marseille.
4 commentaires
L’hôpital et la charité · octobre 12, 2026 à 21:02
« Je suis facile à vivre », c’est ce que je retiens.
C’est qui qui a raison · octobre 12, 2026 à 21:04
C’est SM ! C’est important d’être en avance pour les aléas. Surtout quand on voyage avec la sncf, ilevia ET ouigo ! Le combo gagnant.
Jesus · octobre 12, 2026 à 21:37
Glad you’re back bro
Pizi · octobre 12, 2026 à 21:45
La 8e répétition de « je suis souple et facile à vivre » m’a mis la puce à l’oreille