Nous sommes le jeudi 2 avril, il est 8h30. Je suis en train de déguster un superbe earl grey. J’ai trop bien dormi cette nuit. Ça me permet de récupérer des différentes petites nuits que j’ai eu cette semaine. La pétillante termine son petit déjeuner et nous descendons au marché. Un tout petit marché. Première étape le maraîcher. Il nous faut des légumes pour manger avec les houmous ( le plat de hippies par excellence). Je dois aussi choper un chou pour une recette que j’ai décidé d’essayer. Bon le stand n’est pas super bien achalandé, je manque d’inspiration, On prend quelques bricoles. Deuxième étape le pain. La pétillante a fait une commande chez un boulanger qui fait les marchés. Elle nous prend aussi un gros sablé chacun. Nous allons le déguster à 1m50 de là sur la terrasse du café solidaire communautaire révolutionnaire, citoyen, intergénérationnel, féministe et imperméable. Je m’installe à une petite table pendant qu’elle va chercher les cafés. Elle revient au bout d’une demi-heure. On dirait le service à la Moulinette à Lille. Et pendant que je déguste mon délicieux sablé au sarrasin, la pétillante essaye de me caser le boulanger. Alors certes il est boulanger mais il aurait pu être artiste jongleur itinérant. Mais ça ne fait pas tout. Il est grand, pas de bouclettes à l’horizon.
Vers onze heures je commence la préparation de mon plat. J’ai décidé de cuisiner les black eyed peas que j’ai ramené de Lisbonne. D’ailleurs il faut que je vous raconte cette histoire. Ma grand mère était alsacienne mon grand père d’Orleans c’est donc logiquement que la cuisine cajun fait partie de mes préférées. J’avais vu plusieurs recettes avec des légumes secs appelés Black eyed peas. Oui comme le groupe. Mais j’en ai jamais vu dans le commerce. En octobre dernier je vais à Lisbonne accompagné de Mme Mim et de Sa Majesté. Un soir dans une minuscule boutique située près de notre appartement je tombe sur ces légumes secs. Je suis super excité. J’en prends 4 paquets. Je sors de l’échoppe avec mon butin et je suis obligé d’expliquer cet achat à mes compagnons de voyage. Forcément Sa Majesté peut pas s’empêcher de lever les yeux au ciel. 2lg de féculent ça prend un peu de place dans un bagage cabine, mais le retour se passe sans difficulté. Une semaine après notre retour à Lille, je reçois un short message service de Sa Majesté.

Et depuis je n’avais pas encore testé ces haricots. J’ai adapté un peu la recette : le chou cavalier s’est transformé en chou frisé et les saucisses fumées en saucisses d’Auvergne. Mais c’était plutôt bon.
Apres le déjeuner nous préparons quelques desserts pour samedi : des gâteaux au chocolat, des tartes au citron mais aussi des cookies. Et c’est là que la pétillante a attenté à mes jours pour la première fois. Pour sortir les cookies ( qui n’ont de cookies que le nom. On dirait des crottins de chavignol aux petites de chocolat). Donc pour sortir ces étranges biscuits du four elle me donne des gants. Moi confiant, je les enfile pour réprimer la plaque et déposer un à un ( parce qu’en plus ils sont pas cuits) ces gâteaux. Mais c’est long. Et je sens que ça chauffe, ça chauffe. Un moment je commence à me brûler je passe en mode restauration avec désactivation de l’influx nerveux chaleur. Heureusement je parviens à reposer la plaque. Sa première tentative a échoué.
Le soir je tente une nouvelle expérience culinaire. Il me restait de la polenta que j’avais acheté pour les sœurs. Comme je suis pas super fan de ça, je me suis dit que c’était une bonne idée de la prendre pour les vacances. Et ce matin j’ai eu une idée : faire de l’aligot en remplaçant les pommes de terre par de la polenta. Idée de génie. Idée qui s’est avérée plutôt décevante. C’était pas mauvais mais c’était pas bon non plus. Apres ce repas plutôt consistant, la pétillante me propose une infusion. Alors ses infusions c’est pas menthe, tilleul ou verveine. C’est plutôt curcuma, ortie, badiane, églantine forestière et ukulélé. J’arrête mon choix sur un mélange avec du curcuma. Ça m’évoque tellement un beau circassien en sarouel. Et c’est là qu’intervient la deuxième tentative d’assasinat. En effet, après que j’ai terminé ma tasse, elle m’annonce que dans les 46 ingrédients de sa potion magique, il y a du réglisse. Le réglisse c’est ma hantise. Ça remonte à l’époque où j’étais cuisinier dans le Jura. Le chef m’avait demandé de fendre des bâtons de réglisse pour en faire de bâtonnets de sucette. Au bout de quelques minutes je m’étais retrouvé avec d’immenses plaques hyper douloureuses sur tous les bras. C’était y a plus de 20 ans et je n’ai pas retouché au réglisse depuis. J’ai l’impression que ma langue a gonflé mais c’est peut être psychologique. Mais on a aussi peut être frôlé l’injection intracardiaque d’atropine ( oui j’ai vu tous les épisodes d’Urgences).
0 commentaire