Réveil à 7h. On s’active. Le petit déjeuner est servi à 7h30. Nous descendons avec Hermione , on s’installe sur la grande table qui nous a accueillie pour le dîner de la veille. Tout le monde arrive. Il manque presque de place. Mahui arrive un peu après. Il n’y a plus qu’une place, en plein milieu des allemands. Mahui ne parle pas allemands, mais eux lui parlent allemands. Elle a une tête perdue. C’est très drôle.

Je démarre à 8h ma marche, pour prendre de l’avance. Le paysage est beau, magnifique. Le soleil inonde petit à petit la vallée du Lot. C’est la première fois que je vois cette rivière. Et je l’ai déjà classé dans mon top rivières. Oui, il y a des tops musiques, des tops resto, moi je fais des tops rivières. Les critères sont simples : la beauté de l’eau (clarté, propreté, couleur…), la beauté du paysage autour, l’agréabilité de l’eau en baignade (et donc du sol aussi… pour mes petits petons) et évidemment, l’attachement émotionnel à la rivière. Mon top 1 c’est l’Hérault, aucun attachement émotionnel particulier (si quand même, des vacances en amoureux pour mes 29 ans) mais d’une beauté et d’une pureté tellement incroyable … une eau bleue comme sur les îles paradisiaques mais dans un creux de vallée montagneuse …. Le bonheur. Mon top 2 c’est l’Allier, évidemment. Ma rivière pré-natale, ma rivière de résidence, des baignades super… un très grand attachement émotionnel et une beauté humaine tout autour. Mon top 3 c’est le Céou, une petite rivière de Dordogne sympathique, très grand attachement émotionnel et très bel endroit. Mon top 4 c’est le Lot. Quelle émotion d’arriver jusque dans la vallée du Lot, à pied.

Dans ma marche matinale, je croise Jean-Pierre, un parigot de la vieille. Il me dit « pas mal cette petite montée ». C’est vrai que ça montait bien. Mais je lui réponds « la montée ça va, ce qui m’inquiète c’est la descente ». Parce que oui, sachez que depuis Compostelle je déteste les descentes et j’adore les montées en randonnée. Et là, Jean-Pierre, il me sort une réponse, incroyable. Il a changé ma vie. « Dans les descentes, il faut s’appuyer sur ses bâtons ». Mais merci Jean-Pierre. Ça fait 5 jours que je marche avec des bâtons et je me demandais à quoi ça servait. Moi j’essayais de faire la majorette depuis le début et franchement, j’y arrivais pas en marchant. Ni à l’arrêt d’ailleurs. Jean-Pierre c’est comme ces pseudo médecins qui te font du mansplaining sur tes règles. Ils ont une grosse paire de couillasses mais ils t’expliquent que vu que tu es en phase lutéale et que la lune est en ascendant vierge scorpion à 32 degrés, demain à 8h34 heure du soleil il faut pas que tu t’étonnes si tu es un peu irritée et qu’avec le décalage horaire ça fait 10h34 GMT+2. C’est là maintenant tout de suite Jean-Pierre que je suis irritée. Je marche depuis plusieurs jours, et JE SAIS QUE LES BATONS ON S’APPUIE DESSUS DANS LES DESCENTES. Mais vu que je suis une femme de 30 ans, et lui un vieux croûton de 167 ans, il sait, et moi non. Malgré mon agacement complet envers ce genre de personnages qui s’improvisent providentiels, je réponds par un simple « oui oui », comme d’habitude, fatiguée d’expliquer aux vieux cons comment devenir vieux tout court sans faire chier les jeunes femmes indépendantes qui ont des bacs + 7 en utilisation de bâtons de randonnée.

Vers 10h30, Hermione et Mahui me rejoignent à un spot de pause. Une famille est arrêtée. Quatre gosses. Eux ils ont pas appris ce que c’est un préservatif à l’école et ils n’ont aucune notion de la surpopulation de la planète. Les quatre gosses jouent aux mousquetaires avec leurs bâtons de randonnée. Ils font chier tout le monde. Les parents ne disent rien. Tu m’étonne. Quatre gosses. Qu’est ce que tu veux dire ? Ils sont en supériorité numérique, alors les parents ils ferment leur gueule. Là j’aurais pu jouer la spécialiste du bâton de randonnée et leur expliquer que c’est mal de jouer avec les bâtons de randonnée. Mais moi je suis pas encore une vieille conne. Pas comme Jean-Pierre.

Nous arrivons à Estaing sur les coups de midi. Ma destination. Arrivée à Estaing après 150km de marche. Quelle joie d’avoir réussi ! Nous nous installons dans un bar pour manger notre pique-nique. Des copains nous rejoignent : les deux belge, le science po-iste, Coco et son pote. Mahui est avec nous aussi. Nous mangeons tous ensemble. Les autres continuent la route. Avec Hermione, on s’arrête ici pour la nuit. Quand les autres partent, Hermione pleure. C’est dur pour elle de quitter les gens en général. Je la console comme je peux.

Après le départ, il reste Hermione, Mahui, Coco et moi. On se dit qu’on va aller se baigner dans le Lot. Avant ça, je veux trouver des cartes postales et des magnets souvenirs pour ma collection. Je demande au barman. Les cartes postales, il en a. Je lui en choisis plusieurs et les écrit grâce à un stylo prêté.

Pour les magnets, c’est plus complexe. Il appelle un client habitué. Il discute avec lui. Il a un ancien magasin de souvenirs, peut être qu’il lui reste des magnets. Quelques minutes plus tard, il revient me voir et me dit tout bas : « alors, tu vas sur la place de l’église, la bas il y aura Cornie, tu verras c’est un amour de bout de femme, il t’ouvrira la porte pour les magnets. » J’hésite un instant. Je suis dans un des bleds le plus petit France et j’ai l’impression que je vais pécho du crack. En fait, moi je veux des magnets pas de la drogue importée directement de Colombie.

J’y vais. Cornie est là. Elle m’ouvre l’ancien magasin. Je lui prends deux magnets. Je lui demande combien je lui dois. 4 balles. C’est vachement moins cher que le crack. Enfin je crois. J’en ai jamais acheté.

En revenant au bar, on se prépare pour aller se baigner. Je vais aux toilettes avant. En passant , je cois quelqu’un qui fait des travaux dans la cave du bar. Je me pose sur les toilettes. La grosse commission se fait sentir. Et là j’entends « il y a quelqu’un aux toilettes. Bon elle pourra pas tirer la chasse d’eau, ni de laver les mains ». C’était moins une. Encore une seconde et je lâchais un caca gigantesque sans pouvoir le faire partir vivre sa vie dans les égouts. Je me retiens. Je sors des toilettes et je demande innocemment « je peux tirer la chasse ? Je vous ai entendu ». Le gars qui faisait les travaux me dit qu’il s’en chargera. Heureusement que je me suis retenue.

La baignade fut courte. L’eau était froide. Hermione fait un topless pour faire plouf. Coco aussi, mais c’est un homme alors ça paraît normal à tout le monde. Mahui et moi nous trempons juste nos pieds. Séchage au soleil.

Au moment de partir vers notre gîte pour cette nuit, Hermione pleure à nouveau. C’est toujours dur de quitter les gens. Et Coco n’aura pas été biscuit. Nous sommes très bien accueilli au gîte. Nous nous lavons et posons nos affaires puis nous partons au resto, pour mon dernier jour. Hermione continue encore pour quelques jours. Moi je travaille vendredi, il faut que je rentre.

Au resto, je vais enfin pouvoir faire caca tranquille. Ma crotte parfaite de l’apres-midi s’est transformé en demi-chiasse. Moi quand je dois faire caca c’est tout de suite maintenant sinon c’est la cata. Et la c’est la cata.

En rentrant au gîte, Hermione va elle aussi aux toilettes. Pas un bon signal. Ni une bonne odeur. Les toilettes sont presque dans la chambre. On va bien dormir, heureusement qu’on a notre masque à oxygène. C’est faux. On a pas de masque à oxygène.

Catégories : DM feat

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