Hermione me montre la route du gîte. On monte directement dans la chambre. Elle est plutôt bien et sympathique. Nous prenons une douche et nous descendons manger. Nous dînons avec les triplettes de Belleville. Les triplettes de Belleville ce sont trois dames âgées d’environ 60 ans qui font le chemin. Elles sont gentilles, drôles et attentionnées.
Le repas commence à être servi. Dans le gîte, nous avons la mère, patronne, la fille, serveuse non déclarée et non payée j’imagine dont la grand mère, une espèce de dinosaure qui dit bonjour en langue française. La fillle fait donc le service. Un bol de soupe. Pas de reservice. Une assiette d’aligot saucisse portionnée (une cuillère d’aligot servie comme dans une cantine et une saucisse moyennement bonne). Pas de resservice. Une part de nougat glacé aussi fine qu’une feuille de PQ. Pas de resservice. La boisson chaude de fin de repas n’est pas comprise dans le prix. 51 euros. Et on a même pas le droit à un bol d’eau chaude en fin de repas. Classe.
Le lendemain la famille des Ratz recommence son cirque. Le petit déjeuner est installé à chaque place et pas un bout de pain et une cuillère de confiture ne sera donnée en plus. Une tasse de café et basta. Pas deux. Comment vais-je vivre sans mes 3 tasses de café du matin avant d’entamer toute chose ?
A 7h30 je suis prête à partir. Hier avec Hermione on a décidé que je partirai plus tot qu’elle. Comme ça je suis pas stressée qu’elle ait à m’attendre et elle n’a pas à m’attendre. Combo parfait. Alors à 7h30 je pars.
La balade est belle et je marche tranquille. Je crois quelques personnes. Dans une descente de l’enfer, une descente qui dure plusieurs kilomètres (je pense au moins 10km sur les 16km de la matinée …), je fais une pause. Pipi, clope, banane séchée. Je croise Mahui. Mahui elle a mal au genou. On discute un peu et je repars.
Dans l’ultime descente, sur le dernier kilomètre, mes mollets me font extrêmement mal. Chaque pas est une souffrance. La souffrance du pèlerin askip. Eh ben je vais te dire, je crois plus aux crèmes anti-inflammatoires qu’aux promesses d’une guérison mystique. Dans ce moment de doute sur ma foi catholique, alors que je ne pensais pas pouvoir terminer, j’entends deux voix familières derrière moi : Jesus et sa mère, la Vierge Marie. Bah non, espèce de con, c’était Mahui et Coco, le demi beau gosse de Nasbinals. Heureuse comme tout de les croiser, j’enclenche le chemin avec eux pour tenter de terminer.
Nous arrivons à St Come d’Olt, notre étape pour le midi. Hermione me rejoins à 10min d’intervalle. Je pars une heure avant et elle me rattrape à 10min.
Nous nous installons pour manger. Hermione n’a plus que deux pains au lait sur les trois pris hier soir dans son sac. Que s’est il passé ? Elle me raconte. Ce matin elle s’est assise sur une terrasse pour faire une pause. Pas loin d’elle, une panthère, assoiffée de sang et de nourriture bondi sur elle et commence à lui tourner autour. Hermione tente de se débattre et de résister à l’assaut de cette panthère féroce. Elle s’en sort indemne, après le sacrifice de son pain au lait, que la panthère lui a chopé, emmené dans sa gueule et dégusté un peu plus loin.

Nous prenons notre repas avec Mahui, Coco et un troisième luron qui a fait science po. Nous sommes installés sur une petite place, en dessous de la fenêtre d’un habitant local. Il baragouine des choses incompréhensible dans son coin. Ça nous fait rire. Puis il s’adresse à nous. Il descend et nous donne deux poèmes. Étrange. Nous l’appelons le poète, bien que ses écrits n’ait pas grand chose de poétique. Il nous fait comprendre et croire qu’il connaît toute la vallée et qu’il va prévenir la cavalerie pour que Coco puisse dormir en bivouac où il le souhaite ce soir. Bref. Délire psychomaniaque.
Avant de repartir je prends une décision pour la fin de la journée : je prends le raccourci. Oui il y a un raccourci aujourd’hui. Mes mollets souffrent trop. Hermione part avec Coco sur le chemin long, moi avec Mahui. Hermione se baigne avec Coco dans le Lot. Oui, au fait, nous arrivées dans la vallée du Lot. Baignade de nudiste. Hermione voit le loup, deux fois, car le gars de science po les rejoint. Elle est refaite la petite, et manifestement pleine d’énergie pour l’après-midi.
Avec Mahui nous passons par un chemin très agréable, au bord du Lot. Nous discutons et rigolons tout le trajet. Nous arrivons à 15h. On va au bar, on s’installe et on bois une bière en attendant les autres. Le poète de St Côme d’Olt est de retour. Il continue de nous baragouiner des choses incompréhensibles. Il a fait du stop jusqu’à Espalion où nous restons ce soir. Il repart enfin. Puis tout le monde arrive petit à petit : le body builder, Hermione et Coco, les deux belge, le Canadien et l’inconnu du bataillon. Je pars chercher l’apéro pour tout le monde en même temps que je fais des courses pour demain midi.
A mon retour, je renverse ma bière. Je pue le picon.
On finit par s’en aller et arriver au gîte après qu’il m’ait appelé : on est presque en retard.
On arrive, on passe directement à table. Nous sommes entourées d’allemands et de parisiens. Les parisiens parlent allemands alors ils font des blagues en allemand. Tout le monde rigole. Sauf nous. Aucune de nous parle allemand.
Après le repas nous découvrons notre dortoir. Nous allons dormir à 5. Une douche, et au dodo.
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